FOIRES AUX QUESTIONS
1. Qu’est-ce que helloloser ?
helloloser est un cadre collaboratif pour l’action collective et le partage de l’auteur.
2. D’où vient helloloser ?
helloloser est fondé en 2019 à Joshua Tree par Charlotte Bonjour et Romain Löser. Le projet naît d’un échange solidariste de longue durée entre deux pratiques indépendantes, lorsque le dialogue mutuel glisse vers une production commune et commence peu à peu à inclure d’autres personnes.
3. Que signifie l’expression « machine aimante et iconoclaste » ?
La machine est un processus plutôt qu’un instrument. En ce sens, helloloser est à la fois aimant et iconoclaste : il crée des connexions tout en bousculant les habitudes et en remettant en question les rôles établis. Le terme « machine » renvoie au concept de machines désirantes dans L’Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari. La machine n’y est pas un appareil froid mais un agencement productif : quelque chose qui connecte, interrompt et génère des flux.
4. helloloser est-il un collectif ou un duo d’artistes ?
Les deux, et aucun des deux à la fois. Charlotte Bonjour et Romain Löser restent des artistes autonomes sous leurs propres noms, tout en questionnant l’idée de l’auteur unique. Construire une carrière artistique implique toujours beaucoup d’autres personnes ; la véritable question concerne donc le statut de ces collaborateurs et les hiérarchies au sein d’un groupe : certains artistes reconnaissent les nombreuses mains derrière un projet, tandis que d’autres s’accrochent encore au mythe du génie solitaire. helloloser explore des formes élargies d’intelligence partagée.
5. helloloser est-il un projet familial ?
Cela dépend de ce que l’on entend par famille. helloloser ne se préoccupe pas des liens de sang. L’enfant avec lequel ils ont commencé à faire des choses est le leur, mais ce qui compte est le dialogue intergénérationnel — avec des enfants comme avec des artistes plus âgés, comme cela s’est produit à GUTS. Limiter le contrat entre générations à « je t’ai élevé, maintenant tu t’occupes de moi » semble insuffisant. Ce qui est nécessaire, c’est une conversation continue entre des voix d’âges différents. Thatcher avait tort : la société est aussi une famille.
6. Quel rapport la pratique entretient-elle avec la dystopie ?
La dystopie n’est pas quelque chose que helloloser recherche ; elle fait partie de l’atmosphère du présent. Depuis le XIXᵉ siècle, la dystopie accompagne la modernité comme contrepoint à l’utopie. Aujourd’hui, à mesure que les logiques industrielles absorbent les compétences sensibles de la vie humaine, ce contrepoint disparaît peu à peu. Travailler collectivement ne résout pas cette condition, mais insiste sur le renforcement de ces capacités humaines : l’attention, la coopération et l’imagination.
7. Comment fonctionne la collaboration au sein de helloloser ?
Cela dépend. Parfois la collaboration s’organise autour d’un objectif clair, comme dans les voiles d’ombrage, où des paramètres et des matériaux définis guident l’action collective. Dans d’autres situations, elle repose davantage sur l’intuition et la porosité : elle se développe à partir du temps partagé, de l’attention et d’une écoute des matériaux, des personnes et des contextes. Reconnaître les autres est la condition du collectif. helloloser doit donc être compris non comme une fusion, mais comme une extension.